Andrew Painter

Quand la peinture passe

 

Monet écrivait qu'il cherchait à peindre, non pas les maisons ou les bateaux, mais l'air dans lequel ces derniers se trouvent. Qui contemple les peintures de Painter saisit immédiatement le sens de cette dernière phrase. Car Painter peint. Il n'illustre pas. Il ne raconte pas. Il ne retranscrit même pas. Il peint. Et la peinture manifeste alors autre chose que des personnages et des actions. Elle nous dit simplement qu'il y a quelque chose dans l'air. Il se passe quelque chose. Les personnages de Painter ne sont pas des acteurs. Ce sont des témoins.

Ces témoins sont mis-en-scène dans des univers, où nous ne sommes pas sûrs de ce qu'il se passe, de ce qu'il vient de se passer, de ce qu'il va se passer. Mais quelque chose se passe !

Et la diversité des couleurs, et l'éclat des tons, et l'affluence et toute l'agitation qui pourraient divertir notre regard ne fait que nous ramener à ces regards qui parlent comme dans un hygiaphone, sans que nous puissions entendre un seul mot de ce qu'ils disent.

 

Témoins d'un événement indicible, les peintures de Painter nous ramènent simplement vers « l'il y a », ce qui advient, ce qui a eu lieu, ce qui a été, l'être et l'existence même.

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